Etudes ethnologiques

L'ethnologie est l'étude de l'être humain dans sa dimension matérielle, sociale et culturelle.
Elle prend en compte la totalité des activités humaines à un moment donné :
usages, identité, savoir-faire, métiers et techniques, habitats, habillements, littérature orale, relations familiales, sociales et professionnelles, structuration politique, représentations.

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Cette étude sur les coiffes à armatures de la Manche de 1830 à 1870 a été réalisée en hommage, et par respect pour toutes nos aieulles qui a travers 40 ans ont porté ces monuments d’art et de beauté avec une allure altière Ceci afin de leur rendre leurs réelles noblesses oubliées.

Parce que de toute la NORMANDIE, le département de la MANCHE étant le plus a l’Ouest a été celui dont les us et coutumes traditionnels ont continuer à évoluer dans les arts d’apparat pendant toute la monarchie de juillet.

Ce n’est que la guerre de 1870 et son deuil national qui ont tout changé; sur des costumes noirs ont été portées des coiffures appelées « bonnettes ».

Ces coiffes à armatures ont été portées de 1830 / 1870. D'une construction très complexe et codée, elles sont très ouvragées et volumineuses mais aussi onéreuses.
Elles sont un contraste avec l’air très mouvementé et parfois humide et salé de ce beau coin de France, car de part leurs envergures leurs ailes amidonnées sont fragiles aux éléments.

Ces goélands blancs sur un ciel couleur de mer
Aux ailes de tissus fièrement déployées
Blancheurs posées sur des costumes riches
Aux vives couleurs, chatoyantes et dépareillées
Signes d'aisance et d'élégance de l'époque
Col et manches bordés de dentelles mousseuses
Blanches comme l'écume des vagues
Qui viennent lécher les côtes de ce département
Aux 330Km de littoral, de sable ou de falaises
Le tout en osmose parfaite entre la terre et la mer.


Ces critères renferment des données significatives qui déterminent la position sociale, le rang occupé par la famille et son importance dans la communauté. La coiffe est plus qu’une carte d’identité; elle précise une appartenance territoriale, une provenance et l’échelon de ses richesses familiales. Ce sont des codes très lisibles pour les yeux des gens de l’époque que les femmes portaient sur leurs têtes : Je viens de ... Je suis ... Je possède ...

Sans recherches ethnologiques on ne sait pas lire ces codes. Ils sont comme des hiéroglyphes et on les retrouve sur les habillages des coiffes encore perdus dans les greniers et c'est ce qui permet de les identifier.

Ce travail de recherches nécessite une réelle passion et de la rigueur car rien ne se fait par improvisation et surtout il ne faut pas avoir d’idées reçues, mais aller comme un archéologue en fouillant le terrain à la découverte de l’exactitude de ses propres recherches par croisements.

LE TERRAIN : ce sont les greniers, les caves, les recoins, les malles, les vieilles armoires de relégation, les papiers de famille avec les contrats de mariages débuts 19eme, ainsi que les arbres généalogiques. Autant d’endroits recelant encore d’authentiques vestiges, mais qu’il faut exhumer, éplucher, mesurer, photographier … et tout cela avec la mémoire des propriétaires des lieux, il faut remonter les doubles généalogies car à chaque fois il y a 2 femmes et retrouver les lieux de chaque naissance pour rebâtir le bon historique.

A chaque découverte, même travail, et pour chaque modèle il faut pouvoir faire une preuve par le centre d’une croix en 5 points.

Rien n’est possible par les archives, vous n’y trouverez pas de travail tout fait.
Car les transmissions de codes se faisaient oralement de mère en fille et elles sont tombées dans les oubliettes à la déclaration de guerre … Et s'il y en a eu d'écrites, avant 1900 pour être exactes, les archives en seraient dépourvues car les bombardements de 44 eux aussi ont fait leur office de destruction.
Donc il me semble que nos responsables départementaux devraient s’atteler à sauver notre patrimoine humain de l’oubli et surtout de l’erreur. Il faut recréer des dossiers de base...

Ma démarche de passionnée, sinon, restera un coup d’épée dans l’eau, pour le présent et le futur.
Depuis 15 ans, je me suis attelée à ce travail de fourmi, dans mon département natal, allant de bourg en bourg et d’oreilles en oreilles.
Traquant les moindres infos avec l’exigence et le sérieux que ma passion exige pour retrouver les secrets de mes aieulles, afin de faire ressortir la vérité, c’est le seul moyen de pouvoir restaurer les fonds et les formes de chaque coiffures, entre les bonnets ronds, les coiffes et les bonnettes qui se sont succédées de 1800 jusqu’en 1940 date de la fin du traditionnel.

Avant la révolution le bonnet porté au niveau national s’appelait LA CORNETTE.


Article par ALP (Toute reproduction interdite)