Le costume

Le costume du dimanche ou fêtes dans la Manche au 19eme siècle.


Au début du siècle, la mode féminine des costumes normands suit la tendance de la mode sous Napoléon 1er : taille haute sous la poitrine. Ce qui est flagrant dans tout le recueil de Gâtine et Lanté, très bonnes archives mais obsolètes, et à bien ranger dans nos étagères, car dès 1820 la mode revient progressivement à une taille bien à sa place et les coiffures évoluent.
Donc, passons aux lithographes les plus près de nous, tel que Lalaisse, etc.

Dès le début de la monarchie de juillet, on entre dans la croissance des coiffes à armatures et des costumes richement colorés.

Quel que soit son statut, les vêtements de semaine ou de travail, ainsi que leurs coiffures, sont différents. Les habits du dimanche, eux, sont toujours de meilleur vêture tout comme leurs coiffures.
Dans aucun habillement (sauf les servantes de ferme) il ne doit pas être porté de manches courtes, ni de chemises en toile de lin qui soient visibles (surtout pas de chemisiers blancs datant de la 2eme guerre...).

L'habit des servantes n’est porté qu’avec des bonnets de TRIOLETTES, même le dimanche, dans un tissus plus beau de qualité.

'La laitiere de Saint-Lô' costume et bonnet rond 1815
"La laitiere de Saint-Lô"
costume et bonnet rond 1815


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Les hauts de costumes étaient des apollons, canezous ou des caracos de couleur. Ils sont en droguet ou en drap, toujours avec des manches longues.
Le tour du col et le bas de manches étaient garnis de DENTELLES amidonnées et tuyautées.

Les CANEZOUS s’arrêtaient à la taille et s’amarraient avec des crochets sur la ceinture de la jupe.
Les CARACOS avaient une basque qui se portait sur la jupe.

Les jupes étaient en droguet de couleur et de grandes ampleurs,
Les plus riches étaient faites de 4 hauteurs de tissus de 90 cm de large,
Les plus courantes n’avaient que 3 hauteurs de tissus ... (soit 2m70 ou 3m60 de tour)

Ces jupes étaient montées : le devant à plis plats jusqu’aux hanches, le reste se resserrait à l’arrière dans des plis MADAME cousus sous la ceinture et qui se repassaient en accordéon jusqu'à l’ourlet.

Un HOUPPELINEAU était porté sur les fesses pour relever le poids de ces plis et les ouvrir.

Les ROBES étaient de même tissus, reliées par le dos d’une hanche à l’autre, le devant était libre.

Un CHÂLE de soie brochée ou imprimée, à franges, encore d’une autre couleur, était plissé avant de le poser sur le caraco, puis fixé avec des broches sur les épaules et dans le dos.

Puis un TABLIER de soie froncée, en nids d’abeilles, cousue dans la ceinture sur 50cm et ensuite plissé en accordéon. Il était posé sur le devant de la jupe et il s’arrêtait a 10cm avant l’ourlet de la jupe.

Une couleur différente était attribuée à chaque pièce du costume, ce qui donnait un effet tonique à l’ensemble : c’était le signe d’élégance et de richesse à cette époque.

Jamais de blanc ... sauf les dentelles et la coiffe, les bas et les dessous.

Aux mains, des MITAINES blanches avant mariage, mais noires après le mariage.

Aux pieds, des ESCARPINS PLATS de cuir et tissus noirs, pouvant être glissés dans des sabots articulés pour les protéger.

Ceci était le costume typique et traditionnel du dimanche porté avec les COIFFES A ARMATURE.



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En semaine


Les droguets rayés étaient portés en semaine.
Les coiffures étaient des bonnets, les bas de couleur bleue.
Les chemises de lin écru ou chemises de travail étaient portées par les servantes. Un corselet de droguet noir s’enfilait par dessus et s’ajustait par un lacet sur le devant.
Le tablier de travail était de gros droguet, de toile, pour se protéger lors du travail.


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En conclusion, visiteur !!! Si vous venez en Normandie découvrir notre patrimoine, ou si un de nos groupes vient dans votre région, sachez que aucune chemise de toile, ni aucun chemisier blanc des années 1945 (si, si, ça existe, même oser porter des manches courtes, si, si) et ça ne doit pas être porté dans l'habit ... Sinon ce n'est que du folklore irrespectueux de nos costumes traditionnels, qui est étalé devant vos yeux.

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L'IRRESPECT DU PATRIMOINE PAR LE FOLKLORE N'EXISTE PAS QU'EN NORMANDIE.
IL FAUT SE DÉSOLER AUSSI DE L'ÉTAT DE PRÉSENTATION DES GROUPES, DANS TOUTES LES AUTRES RÉGIONS DE FRANCE.




Article par ALP (Toute reproduction interdite)