Autres coiffures dans la Manche

Dans la Manche, survol des autres coiffures portées au 19ème pour situer la place des "Coiffes d'apparat".


Jusqu'à la révolution, la coiffure des femmes du peuple était LA CORNETTE, petit bonnet en toile qui enserrait les cheveux. Petit fond froncé sur une grande passe plate à 2 pans plus ou moins longs.
Après la révolution, changement de politique : les femmes ont commencé à faire évoluer ces bonnets en fonction de leurs gouts et du climat des régions ou elles habitaient. Elles ont agrandi les fonds, allongé et élargi la passe, et utilisé divers autres tissus.

Dans la manche: les bavolets, bavolettes, les triolettes et les bonnets ronds aux ailes en éventail en sont des descendantes. Puis pour les dimanches s’est mis en route la première concurrence: les tissus sont devenus légers, on a agrandi le volume des fonds, on les a brodés, et utilisé quelques dentelles étroites.
Le tout porté sur un sous-bonnet qui était très amidonné pour servir de soutien à celui du dessus qui était lui aussi amidonné, et ceci a continué à évoluer. Le "mieux que la voisine" était lancé...
Cornette 1790
Cornette 1790


Mais à un moment il a fallu limiter la grandeur des fonds qui devenaient lourds avec en plus le sous bonnet qui grandissait aussi. Heureusement les bonnets de travail sont toujours restés de petits volumes et sobres en matériaux. D’autres ressemblaient à un fichu entourant toute la tête avec les 3 pointes nouées sur la nuque comme un chignon. On les retrouve sur les tableaux de J.F MILLET. La nuit était porté un très simple bonnet fait pour maintenir la chevelure.


Bonnet rond / sous-bonnet de la région de Portbail.
Bonnet rond / sous-bonnet de la région de Portbail.


Les bonnets ronds simples, précités ont été portes pendant une bonne partie du 19eme.

Il faut préciser qu'aucun bonnet rond habillé n'a jamais été porté sur une armature ... Jamais. Son soutien était le sous-bonnet.

Vers 1825/1830 sont apparues les premières COIFFES A ARMATURES qui étaient en MOUSSELINE mais dont le montage n’avait rien à voir avec les bonnets ronds: ailes, passe et fond, différents.
C’est l'époque où l’on portait de très beaux bavolets en mousseline (exp : Coutances) et où certaines femmes ont tenu à continuer à porter le bonnet rond.

Les riches fermières ayant du personnel portaient chez elle de très beaux bonnets d'intérieur, dont certains étaient de petits chefs d’œuvre. Quand ces dames sortaient en semaine (pas de coiffe) elles mettaient des bonnets appelés CALIPETTE, simples et très chics. Le modèle de Carentan et 2 de Coutances sont restés sur les lythos.


Calipette de Coutances à Gauche, calipette de Carentan à Droite. Milieu 19ème.
Calipette de Coutances à Gauche, calipette de Carentan à Droite. Milieu 19ème.


Les coiffes à armatures continuent à évoluer dans tous les sens du terme jusqu’en 1870 et fin.

A la déclaration de guerre de 1870, le coup de semonce bouleverse toutes les modes. C’est le départ des hommes au front, la chute des moyens. Les femmes doivent remplacer leur mari dans les travaux et les responsabilités. Les habitudes sont bouleversées, les veillées ne sont plus distractives et la transmission des belles coiffes et de leurs codes n’ont plus cours. Les restrictions se font sentir ... puis le deuil national est déclaré : les costumes sont à présent de couleur noire et plus stricts.

Les COIFFES sont remisées dans les malles, débarrassées de leur monture, et pour faire les nouvelles coiffures qu’on va appeler "BONNETTE", ont va reprendre, en les décousant, les belles valenciennes qui ornaient les ailes (par économie) et s’en servir pour composer les bonnettes, qui furent toujours très différentes de forme et de montage suivant les pays du département et respectaient aussi un code d’identité.
Elles ont aussi évolué dans le temps et certaines furent très richement montées et décorées de fleurs et de rubans, surtout dans la presqu’ile du Cotentin.
Ces bonnettes furent les dernières coiffures traditionnelles. Elles ont été portées jusqu'après 1945/1950. Elles auront vu passer 3 guerres.
Entre temps et on le voit sur les photos de mariages ou de communions, d'après 1945, les chapeaux coiffent déjà la moitie des invitées. Les modes traditionnelles et régionales auront durées 150 ans...
Après le débarquement et la libération, la mode s’est regénéralisée au niveau NATIONAL.
Bonnette montée du Cotentin vers 1900
Bonnette montée du Cotentin vers 1900


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Ah ! Le bonnet de coton !!!


SIMPLE, ECONOMIQUE, mais important durant ces 3 guerres, il était porté pour travailler et tenait bien chaud. Hommes et femmes l’ont utilisé.
Il servi même de bonnet de nuit.
Au même moment, pour travailler, les femmes portaient des bonnets très simples et chauds en tissus de coton piqué ou damassé. La passe venait en pointe sur le milieu du front, il enveloppait bien la tête et une bride se nouait sous le menton.


Article par ALP (Toute reproduction interdite)